FANDOM


I want summer by femmeinfernale-d5wlhqw.jpg
Séparateur.gif

C'était une matinée paisible dans la capitale. Les marchés étaient en place depuis l'aube, la journée ensoleillée qui s'annonçait étant parfaitement propice au commerce d'extérieur. Les poissonniers se mettaient en place, silencieux pour garder leur voix lors des criées ; les boulangers se plaçaient devant leurs boutiques, laissant échapper l'odeur du pain dans le matin en saluant les fromagers de grands gestes de main et francs sourires ; le forgeron arrivait tout juste du Comté, tirant la longe de sa bête, qui était chargée de besaces et autres paquetages d'armes fraîchement frappées. Le peuple de la cité commençait à s'éveiller sur les coups de la neuvième heure, et l'agitation faisait doucement sa place parmi les ruelles pavées où courraient les enfants.

L'une des maisons qui bordait la rue principale du Quartier Commerçant arborait une fenêtre ouverte, par laquelle s'engouffrait l'odeur de la brioche tout juste sortie du four. La brise remuait doucement les rideaux installés devant les battants et allait chatouiller les pieds qui dépassaient du lit, ce qui fit s'agiter l'occupante des draps. Poussant un petit couinement, la jeune femme encore endormie ramena vivement ses petits petons sous le drap de soie, refermant le cocon de chaleur en baragouinant quelques mots dans sa langue natale.
Après quelques instants, voyant que le vent continuait de venir déranger son sommeil, elle se décida à se lever. Enroulant les draps autour de son buste, elle marcha d'un pas hésitant vers la fenêtre pour fermer les battants de celle-ci dans un nouveau couinement, d'effort cette fois-ci, les vis rouillées de la menuiserie l'empêchant de la clore complètement, le battant râlant contre l'allège. La jeune femme dirigea son attention vers l'extérieur, observant la cohue qui régnait à l'extérieur avant de ramener ses mèches d'un rouge flamboyant vers l'arrière, pour les passer derrière son oreille droite, qu'elle avait longue et effilée. Puis, poussant un souffle de lassitude, elle se dirigea d'un pas léger vers le nécessaire de toilette qui trônait sur la table de chevet.

Se laissant retomber sur le bord du lit, la demoiselle attrapa un petit miroir et le leva devant son visage pour s'y observer, souriant à l'éclat qu'il lui renvoya. Si les Thalassiens sont réputés pour être d'une beauté sans nom, la jeune femme n'y faisait pas exception. Ses lèvres rosées et charnues creusaient de petits sillons sous ses pommettes lorsqu'elle souriait, plissant son regard d'émeraude éclatant. La brume de ses prunelles se perdait dans les mèches sauvages de la belle, l'auburn se mêlant à son teint hâlé. Elle passa ses longs doigts dans sa chevelure décoiffée pour la gonfler, la remuant doucement, avant de reposer le miroir à sa place et se redresser.
En chemin, elle laissa glisser jusqu'au sol les draps qu'elle gardait jusqu'à lors autour d'elle. Si son visage était des plus exquis, le corps de la sauvageonne avait de quoi faire pâlir la plus belle des femmes de la capitale Humaine. Des jambes fines aux mollets tracés, précédant des cuisses tout aussi bien formées. Un postérieur galbé qui finissait la courbe de hanches ravissantes et une courbure de dos parfaite. Les épaules de la demoiselle n'étaient ni trop larges ni trop étroites, et ses bras étaient correctement musclés pour une personne de la gente féminine. Elle passa les mains sur son ventre qu'elle avait plat, chatouillant sa peau du bout de ses ongles vernis d'émeraude, remontant sur ses flancs et les bordures d'une petite mais ferme poitrine avant de passer sur sa nuque puis ses cheveux, qu'elle remonta sur le haut de son crâne avant de les sceller d'un lien de cuir huilé.

Elle chaussa alors des collants de soie pour les enfermer sous le cuir de jambières à l'aspect riche, brodées d'argent et de vermeil pour tracer de tourbillonnantes arabesques qui remontaientt jusque la boucle d'argent de la ceinture. Passant à son buste une chemise de lin qu'elle ferma au-dessus du nombril à l'aide d'une ficelle, elle enfila ensuite sa tunique, le cuir épousant ses formes pour recouvrir ses bras et son buste des mêmes broderies fantastiques. Attrapant alors un fourreau de cuir noble et orné d'une parure d'acier, elle vint l'attacher à l'arrière de son ceinturon, la poignée riche de l'arme de manufacture elfique dépassant de sa hanche, prête à être empoignée. Finissant par enfiler ses bottes, qu'elle laça lentement, la dame tourna les talons, attrapant une paire de verres teintés pour les positionner sur son petit nez et masquer l'émeraude de ses iris. Elle jeta un dernier coup d’œil dans la chambre pour vérifier qu'elle n'avait rien laissé, puis sortit, refermant doucement la porte de bois derrière elle.

Séparateur.gif

Descendant les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée d'un pas sautillant, la jeune femme se dirigea en cuisine et passa le petit porche de pierre. Elle traversa rapidement la cour cachée par les façades immenses pour s'engouffrer sous un autre porche et tourna la poignée d'une porte à l'aspect vieilli pour pénétrer dans une sombre salle.

Clignant des yeux une seconde, elle resta près de l'entrée à attendre de s'habituer à la pénombre environnante, arpentant les recoins de l'endroit de son attention brûmeuse. Dans le fond de la pièce, on entendait remuer quelque-chose, ainsi que de petits gémissement étouffés. L'elfe sourit doucement avant de s'aventurer à travers le fatras qui couvrait le sol pour se diriger vers l'origine des bruits. Arrivée dans le coin occupé, elle tira une lanterne d'entre deux caisses pour ouvrir l'un des volets de verre, allumant la mèche à l'aide d'un fusain incandescent, qui trônait dans un petit bol métallique empli de braises rougeoyantes. Une douce lueur mordorée se diffusa alors aux alentours, éclairant les murs de la pièce, ainsi que ses occupants.
Devant la jeune femme étaient placées deux femmes, dont l'une ne devait pas avoir vécu plus de dix-huit hivers, et un homme, qui lui en avait déjà vu passer beaucoup trop. Contraints de rester près du mur du fond à cause de la corde qui cisaillait leurs poignets à chaque mouvement un peu trop brusque, ils ne pouvaient exprimer leur douleur autrement que par des gémissements, les bâillons couvrant leur bouche les empêchant de s'exprimer convenablement.
Les trois personnages étaient entièrement dévêtus, leur peau blanchâtre couverte de traces rouges et marques de griffures, l'homme arborant même un œil-au-beurre-noir sous son arcade gauche, le sang coagulé lui collant à la peau. La plus jeune des deux femmes lançait vers l'elfe des œillades terrifiées, tremblant de tous ses membres. C'est vers elle que la sauvageonne s'approcha en premier, déposant la lanterne sur le sol.

Elle passa doucement le revers de sa main sur la joue de la jeune femme, prenant un air faussement attristé pour s'exprimer d'une voix murmurée, chaude et mielleuse.

« Allons, allons.. Que veulent dire ces vilains regards.. M'accuserais-tu des actes de ces hommes ? Tu sais, ma chérie, l'homme est une bête, il est primitif. Et parfois, lorsqu'il en ressent le besoin, il faut qu'il soulage ses pulsions. » sourit-elle en tapotant le bout du nez de la jeune captive. « Et comme ta maman était trop vieille à leur goût, c'est toi qu'ils ont choisi. Vois le bon côté des choses ! Tu auras goûté à cette sensation avant la fin. »

Dans un léger ricanement, l'elfe poussa sur ses cuisses pour se redresser et se détourner vers l'entrée de la salle, par laquelle arrivaient trois solides gaillards à l'air patibulaire, remuant les couteaux qui trônaient entre leurs gras doigts. La sauvageonne déposa la lanterne sur la caisse qui jouxtait la porte et caressa la poignée de fer en jetant un regard amusé vers le plus antipathique des trois hommes, hôchant la tête.

« Et faites ça sans bruits, les garçons. Évitons que la Garde ne nous tombe dessus. »

Souriant, elle referma la porte et s'éloigna d'un pas aérien, ses oreilles s'agitant alors que de la salle en arrière-cour s'échappaient les gémissements affolés des parents, et les ricanements des trois lascars, qui faisaient leur triste besogne, dignes d'animaux sauvages. L'elfe passa rapidement dans la cuisine, observant la table de bois qui trônait au centre de la pièce. Un gâteau de crème était placé au centre d'une assiette de porcelaine, les torsades du coulis de fruits ajoutant une touche coloré au nacre du gâteau. S'approchant d'un petit pas, la dame elfique tendit le bras et récupéra la cerise gorgée de jus qui se dressait fièrement sur la pâtisserie et la glissa entre ses lèvres dans un petit couinement de satisfaction, ses cils battant l'air une seconde. Elle secoua la tête et recrachant le noyau sur le carrelage, sortit dans la ruelle principale en refermant la porte de la bâtisse.

La jeune femme cligna un instant des yeux sous la brusque lumière environnante puis dévia vers la gauche pour se diriger vers la porte principale de la cité, ses bras se balançant le long de ses flancs alors qu'elle fredonnait un air enjoué. Elle lança un regard en arrière et observa ses trois compagnons sortir du bâtiment, s'éloignant vivement pour se fondre dans la masse avant de disparaître.

L'elfe remonta ses verres sur la racine de son nez du bout de l'index, avant de reprendre sa chansonnette.


- / Chapitre suivant

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau FANDOM

Wiki au hasard