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Unknown
[Une représentation holographique de la jeune femme est jointe avec le journal, dans sa tenue d'Acolyte de troisième cycle.]
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Natunda 28 Kelona, 23 ATC

Je ne sais même pas pourquoi tout ça a pu arriver.
Je me rappelle de ce jour ; j'étais partie à la chasse au Gutkurr avec quelques autres chasseurs. Un vaisseau est descendu des étoiles et en un éclair, mes camarades étaients tués, et j'étais faite captive par des pillards qui m'ont vendue à cette femme au masque, pour quelques poignées de crédits. J'ai passé six ans à « travailler » pour elle, en nettoyant ses appartements à Kaas City et en amenant ça et là des caisses mystérieuses qu'elle échangeait avec d'autres personnes.
Mais un jour, un autre esclave, Twi'lek, m'a marché sur le pied. Ce jour là, j'ai laissé ma colère éclater en même temps que son crâne sur le sol d'acier. Six ou sept fois, je crois... Je pensais que ma Maîtresse allait m'exécuter, mais étrangement, elle s'est simplement approchée de moi pour passer une main sur mes lekkus. Moins d'une demie journée plus tard, j'étais dans une navette de transport en direction de l'Académie des Sith de Korriban. Elle m'a dit qu'elle avait sentie chez moi je ne sais quoi en rapport avec la Force et qu'elle allait me mettre au service de son Ordre.
Je crois que ce jour-là, j'aurais préféré qu'elle me tranche la nuque de ses sabres. J'aurais moins souffert.

Cela fait déjà presque une semaine que je suis ici, à naviguer entre le terrain d'entraînement poussiéreux, les salles obscures et lugubres de l'Académie, et les tombeaux de la planète. J'ai été accueillie par la Surveillante Anksu, qui m'a intégré à sa promotion avec d'autres Acolytes. Il y'a peu d'aliens. Une Mirialan et une Arkanienne, je crois. Avec un Sith, à la peau aussi rouge que le drapeau qui flotte dans les couloirs de l'Académie.
Les premiers jours, j'ai été tentée de me laisser mourir de faim, pour éviter de vivre cette vie. Mais mon instinct de chasseuse a repris le dessus le jour où nous sommes aller « visiter » le tombeau d'Ajunta Pall. Ce jour-là, j'ai ressenti dans le tombeau des présences et des forces qui m'ont fait me sentir si faible et si fragile... J'ai détesté ce sentiment. Alors je me suis reprise.
Désormais, je garde la tête haute et ma colère à mes côtés et puisque je suis bonne pour passer ici plusieurs années encore, autant que ces années soient à mon avantage. Le cours donné par le Seigneur au masque d'Or, Sicaryus Selethor, m'a bien fait comprendre comment les choses fonctionnent chez les Sith. Si tu es faible, tu meurs. Si tu es fort, tu vis. Alors je n'ai plus qu'à devenir forte.
Je passe du temps aux Archives, à chercher des informations sur l'Empire et les Sith, je m'entraîne à manier mon electrolame, je vais courir dans le froid glacial pour me renforcer. Bon sang, que c'est dur de courir, sur cette planète. J'avais pourtant l'habitude, dans mon village, nous devions savoir décamper rapidement quand un Gutkurr se rebiffait pendant une chasse. Mais ici... Le froid intense n'aide pas, et la gravité semble plus lourde. Mais qu'importe. Chaque jour, j'enfile mes poids, et je vais courir. Ça ne pourra que m'aider. Et le reste du temps, je médite.

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Natunda 35 Kelona, 23 ATC


La Surveillante Anksu nous a emmené en excursion, aujourd'hui. Le temps était maussade, une tempête approchant, et d'après ce que la Surveillante disait -je l'ai moi-même brièvement ressenti-, l'influence du Côté Obscur était particulièrement forte.
Nous avons quitté le parvis de l'académie sous les rafales de vent cinglantes, pour quitter la Vallée des Seigneurs Noirs. Après une bonne demie heure de marche, l'entrée d'une Caverne se dessinait devant nous. Aussitôt, une odeur répugnante de chairs en putréfaction nous prit les narines, et si je n'avais pas senti pire durant mes années de chasses, j'aurais été tentée de me boucher le nez. Keyn'ilia fut envoyée en première dans la pénombre, et la Surveillante m'autorisa à l'accompagner.
Une fois à l'intérieur, nous sommes tombés sur une grande salle au sol recouvert d'ossements en tout genres. Chaque pas que nous faisions provoquait des craquements lugubres. Un peu plus loin devant l'entrée de la salle, une empreinte enfonçait le sol; à trois doigts, avec des traces de griffes, j'arrivait rapidement à deviner que l'empreinte n'était pas récente, et comme elle était assez peu profonde, la bête devait être quadrupède.
J'avais décidé dès le départ de ne confier mes observations qu'à Keyn'ilia, mon binôme, et de laisser les autres acolytes se débrouiller par eux-mêmes. Nous repriment notre chemin. Dans la salle suivante, rien de particulier n'était visible, hormis un cadavre décomposé, et un pad cassé sur lequel n'était affiché qu'un seul mot : «courir». Ça n'annonçait rien de bon. Sur la gauche, une lourde porte fermait le chemin. En revanche, si l'on ne voyait rien, j'étais en mesure de sentir ce qui nous entourait, grâce à mes talents naturels que me conféraient mes montrals. Je devinais rapidement la présence de plusieurs bêtes dans la pièce d'à côté, des Shyracks. Essayant de ruser pour envoyer les autres acolytes à ma place, et éviter ainsi de me battre, il fallut néanmoins que j'y aille moi-même, les autres étant trop peureux pour avancer par eux-mêmes.
Aussitôt la porte ouverte, les Shyracks passaient l'ouverture en furie, et l'un d'eux s'accrocha à mes montrals en me lacérant le visage; foutue bestiole, comme si j'avais besoin de nouvelles cicatrices. Après un court affrontement, nous pûmes nous débarrasser des bêtes et continuer notre route.
Comme la créature que nous cherchions n'était toujours pas visible, et que la situation commençait à tendre mes nerfs, je décidais de m'isoler quelques instants pour m'asseoir en tailleur et méditer. En me concentrant sur les remous de la Force, une vision m'assaillit... J'y sentis plus que je ne la vis la créature. Elle semblait effrayer les autres bêtes présentes dans l'immense caverne, qui s'écartaient sur son passage; une autre présence se fit sentir. Celle d'un humain, armé d'une vibrolame et vêtu d'une tenue d'acolyte, visiblement. Il semblait terrifié. L'empreinte que j'avais trouvé dans la première salle me revint à l'esprit et elle se métamorphosa pour se transformer en une patte griffue couvertes d'écailles vertes. Un cri explosa à l'intérieur de ma tête et brisa ma concentration. Quand j'ouvris les yeux, Keyn'ilia était penchée vers moi, en me demandant si ça allait.
Je lui racontais rapidement ce que je venais de voir, pendant que les autres acolytes ouvraient une seconde porte pour vérifier qu'aucune bestiole ne viendrait nous sauter dessus. Puis, nous décidâmes de continuer notre route, jusqu'à ce que finalement, nous entendîmes quelque-chose.
Deux voix s'élevaient, à l'angle d'un couloir. La lueur d'un feu de camp peignait les murs d'un éclat mordoré. Visiblement, deux acolytes renégats discutaient de leur fuite de l'Académie, et l'un d'eux proposa d'attendre la fin de la tempête avant de fuir. Je méditais de nouveau, pour tenter de les apercevoir; quelle erreur ce fut. Alors que rien n'était visible, la créature surgit, sortant de sa Dissimulation de Force; un Hssiss. Il massacra les deux acolytes en un battement de cils et se précipita vers nous. Une seule solution s'offrait à nous, désormais. La fuite.
Nous avons alors pris nos jambes à nos cous en direction de la sortie, espérant échapper au Hssiss. Malheureusement, il courait bien plus vite que nous, et il nous rattrapa bien vite. Alors que la bête allait nous tomber dessus, Keyn'ilia projeta l'un des autres acolytes, un Tsis, à l'aide d'une Poussée de Force; il s'écrasa à l'autre bout de la pièce et attira l'attention du Hssiss, nous permettant alors de fuir. Nous refermâmes la première porte, puis la seconde, et enfin, nous pûment sortir de la Caverne. La Surveillante nous attendait à la sortie. Elle nous complimenta brièvement et nous retournâmes à l'Académie.
Si cette sortie a été éprouvante pour beaucoup, elle m'a fait un bien fou. J'ai pu retrouver l'instinct féroce de la chasse l'espace de quelques instants, et ça ne m'a que plus motivé pour la suite.

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Natunda 22 Welona, 23 ATC

La sortie d'hier n'était pas évidente. À peine étions-nous sortis de l'Académie que le mauvais temps et l'ambiance électrique nous mettait à l'épreuve ; les éclairs pilonnaient le sol de la planète, le froid était plus vif que d'accoutumée et le vent soufflait fort. Et le peu d'éloquence de la Surveillante Anksu ne m'aidait pas à me sentir rassurée.
Nous avons quitté l'Académie pour rejoindre une grotte dissimulée, alors que nous étions en route pour aller faire offrande du contenu de nos sacs pour célébrer le début de la saison des Tempêtes de Force. J'avais imaginé que nous irions dans un sanctuaire, ou quelque-chose comme ça, mais finalement non. Dès que nous avons mis le pied dans la grotte, j'ai senti que quelque-chose ne tournait pas rond. La présence du Côté Obscur était infiniment plus forte que ce que j'avais déjà pu ressentir sur Korriban, et les autres acolytes en étaient également conscients ; plusieurs d'entre-eux marmonnaient, ils étaient nerveux. Je l'étais aussi, mais je tâchais de le contenir en moi pour m'en servir au cas-où j'aurais besoin de toutes mes émotions.
La Surveillante Anksu nous a fait avancer jusqu'au centre de la première pièce, vers un pilier de pierre avant qu'elle ne se mette à grogner comme un animal. Ses yeux étaient devenus blancs ! Sa voix est devenue étrange et la Chose qui l'habitait désormais a parlé d'un pacte que la Surveillante aurait trahi. Apparemment, pour sortir de cette impasse, il fallait trouver des objets et verser du sang. Puis, elle s'est enfuit et nous a enfermés dans la grotte.
On a fini par découvrir un passage dérobé qui nous a mené tout droit dans une sorte de fosse, où les cadavres s'empilaient les uns sur les autres, bouffés ou mutilés par sabres. L'un des datapad nous a appris qu'il fallait faire un sacrifice et que le sang devait couler. Un Tsis a l'agonie nous apprit qu'il était visiblement nécessaire d'accomplir un rituel, relié au fameux sacrifice.
La pièce suivante était remplie de cages vides. Des marques d'ongles jalonnaient les fissures qui permettaient d'accéder aux cages, et j'aurais pu en apprendre plus tout de suite si l'abruti de Tsis n'avait pas libéré un Terentatek. J'ai alors escaladé, pour suivre les traces d'ongles mais ça n'a mené nul-part. Pendant que la bestiole était occupée à croquer les acolytes, j'ai réussi à échapper à sa vigilance pour sauter derrière elle depuis l'une des cages, et passer à la suite de cette maudite grotte. Keyn'ilia s'est faite attraper et s'est adressée à la créature en l'appelant « Excellence »... Elle a finit par nous hurler de tuer la créature, en prétextant que c'était notre ticket de sortie. Malheureusement, je n'ai réussie qu'à la blesser aux jambes avant de presque perdre mon bras, cette saleté me prenant pour un bout de viande. Avec l'aide de Verrizôi, nous finîmes par abattre la créature alchimique pour nous emparer de morceaux de son cadavre ainsi que du contenu de son ventre pour en tirer un calice.
Dans la pièce suivante, il y'avait un bassin de sang, habité par quelque-chose d'Obscur, d'insidieux. La Chose signala l'importance d'un pacte et de la composante d'une dague. Le venin de Terentatek coulait dans mes veines et j'avais de plus en plus de mal à rester concentrée. La voix qui m'occupait l'esprit me guida jusqu'à une petite salle, puis une autre, et encore. Tout ce que j'entendais ou voyait me torturait l'esprit, et je n'arrivais plus à distinguer ce qui m'entourait ; je ne voyais que la Force, et ces choses qui n'étaient pas vraiment là. Dans la dernière salle, il ne restait du groupe d'acolytes qui nous accompagnait en entrant qu'un seul individu, face à une entité étrange. Au milieu des hallucinations, j'essayais de la comprendre, de l'observer.
Verizzôi vida l'acolyte restant de son sang dans le calice, avant que l'entité mystérieuse ne pète les plombs et que les portes de la pièce ne se referment. Je me sentais de plus en plus mal, et je sentais le venin envahir mes veines jusqu'à manquer de me faire tomber dans les vapes. En me traînant jusqu'à la flaque, je bus du sang de l'acolyte, ce qui sembla calmer la Chose, cette dernière débutant alors son rituel.
Une fois le sang ingurgité, je tombais dans les vapes avant de me réveiller quelques minutes plus tard avec la sensation d'être changée sans pouvoir dire comment. Le trajet du retour fut compliqué, et je ne sais pas comment j'ai fais pour tenir avec le venin dans les veines ; si Keyn'ilia ne m'avait pas aidé, je ne m'en serais probablement pas sortie vivante.

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Atunda 23 Welona, 23 ATC

L'épreuve de ce soir était particulièrement éprouvante. Non pas physiquement, mais mentalement ; la Surveillante Anksu nous a mené sur le parvis avec Verizzôi et de nouveaux acolytes fraîchement arrivés et... nous a fait attendre. Toute la nuit. Dans le froid glacial de la planète, sous les éclairs et les manifestations de tempêtes de Force. Au début, c'était facile. Avec Verizzôi, nous étions habitués au climat dangereux de Korriban, à force d'entraînements et d'excursions. Mais plus les heures passaient, plus il devenait compliqué de tenir ; le mental devait prévenir sur le physique. Après trois heures à rester là, immobiles sous la surveillance de la Surveillante Anksu, l'un des acolytes a cédé et a tourné les talons pour aller se réfugier dans la chaleur de l'infirmerie. Nous, nous sommes restés plantés là, comme des rat-womp endormis, tandis que le froid pétrifiait nos extrêmités et que la Surveillante tentait de nous faire céder. Mais j'ai tenu bon ; j'étais frigorifiée et j'ai cru perdre mes doigts et mes orteils, mais j'ai tenu. Et heureusement, car c'était justement le but de cette épreuve, nous éprouver, nous forcer à repousser nos limites et à vaincre la douleur, l'impatience et l'envie d'abandonner pour renforcer notre volonté. Je hais la Surveillante, pour ça, autant que je l'admire.

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Datunda 36 Welona, 23 ATC

Aujourd'hui, la Surveillante Anksu nous a mené jusque dans les sous-sols de l'Académie. D'après les pass qu'elle a utilisé, il semble que l'accès soit réservé à une très stricte sélection de Sith ; «Même l'Académie a ses secrets», a-t-elle déclaré.

En entrant, l'ambiance était lugubre ; encore plus que d'ordinaire, disons. Les gémissements de plusieurs créatures nous parvinrent dès la « porte » cachée révélée par Anksu passée. Aucune description, aucune indication ; seulement ces bruits sourds et lointains, et cette ambiance lourde. J'ai eu l'impression, l'espace d'un instant, de me retrouver de nouveau dans ces chasses au Gutkurr que nous effectuions la nuit sur ma lune.
Les premières créatures que nous vîmes furent des Chauve-faucons, attachés à des chaînes. Elle a mentionné un certain « Darth Oscinus » qui désirait des oiseaux ; un Darth a qui Keyn'ilia aurait prêté serment, pour les lui ramener. La Surveillante nous l'a présenté comme un être particulier, introverti, farouchement refermé sur lui-même et sur son Savoir. Il aurait dédié sa vie à l'Alchimie, sa seule véritable passion, les oiseaux, viendrait du fait qu'il ait été élevé sur un monde abritant ce type de spécimens ; ne pouvant se remettre de la perte de ses créatures, l'Alchimie l'aida à les recréer afin que la Mort ne puisse jamais les séparer. J'y ai vu un rapport avec le sortilège de «Mort réanimé», aussi posais-je la question à la Surveillante, qui l'éluda, malheureusement.
De ce qu'elle en raconta ensuite, les Sith avait besoin de cette science miraculeuse qu'est l'Alchimie, et considérèrent qu'Oscinus avait un don particulier, et qu'il devait prendre un Apprenti pour transmettre ses connaissances aux générations suivantes. Mais Darth Oscinus, s'il pouvait manipuler le Coté Obscur, était l'esclave de ses craintes. Sa peur de la Mort ne fit qu'amplifier au contact de son Apprenti, qui y vit alors une faiblesse bien trop grande pour être ignorée ; Oscinus lui enseigna ce qu'il savait mais sombra rapidement dans la paranoïa, ce qui le poussa à ériger un tombeau, qui fut à la fois sa demeure d'outre-tombe et sa demeure de son vivant.
Son Apprenti le méprisait, du fait de sa créativité mélancolique et de sa misanthropie ; aussi fit-il bien pire que de l'assassiner ; il éradiqua l'oiseau d'Oscinus, l'unique raison de vivre de celui-ci. Laissant ensuite son Maître livré à lui-même et à la folie conduite par la perte de ses enfants, l'Apprenti laissa Oscinus se donner la mort dans son propre tombeau ; un acte irraisonné et impulsif qui l'empêcha de connaître la Paix car l'assassin de ses oiseaux courrait toujours et il nourrissait l'espoir secret de pouvoir à son tour donner la vie.
La nécropole dans laquelle nous nous trouvions était encore hanté par l'esprit d'Oscinus, qui attendait que Keyn'ilia, sa Désignée, finisse son œuvre. Voilà pourquoi l'air était si lourd du Côté Obscur...
Alors, la Surveillante nous posa la question fatidique ; «Êtes-vous prêts à lui rendre ses oiseaux?». Je demandais aussitôt ce qu'il convenait de faire. Elle nous révéla qu'en allant jusque sa sépulture avec un Chauve-faucon, nous parviendrions peut-être à le pousser à révéler son Holocron.
En arrivant dans le tombeau de Darth Oscinus, des écrits anciens mentionnaient le chiffre 5, le fait d'un pair et d'un impair, ainsi que le Chaos et l'Équilibre ; cela ne pouvait être une coïncidence. Et j'avais une étrange impression, comme si quelque-chose était là, mais qu'on ne pouvait le « voir ». Une boîte fermée, des parchemins, des fioles, le calme... C'était le calme qui m'inquiétait le plus. Sur Korriban, rien n'était jamais calme.
À force de méditations et persévérance, je finis par déceler une mélodie, un rythme obscur que je me devais de fredonner, de réciter dans le bon ordre.
En continuant de méditer, et de fredonner, je finis par ouïr sa voix ; elle me murmurait d'approcher, de le contacter. En suivant la voix, nous finîmes par arriver dans une pièce semblable à un laboratoire ; sur une table, au centre de l'endroit, la créature adorée du Darth Oscinus se trouvait allongée, attendant de revenir à la vie. Parchemins incantatoires et fioles traînaient un peu partout, dans l'attente d'être utilisés. Oscinus était triste, comme en témoignaient les notes mélancoliques de son orgue mental.
Sa voix. Elle était là, bien audible. «Mon enfant... Vous me l'avez amené...». Mais il semblait que Keyn'ilia intéressait plus Oscinus que ma soif de connaissance. Je tentais alors l'impossible ; subtiliser la créature à Keyn'ilia pour l'offrir moi-même à son Excellence, dans une action folle que je contrôlais pas moi-même. Sa voix m'obsédait, je voulais lui obéir alors que je savais que ce n'était pas ce qu'il fallait faire. Alors je tirais mon sabre, et je bondit sur Keyn'ilia.
Après un combat acharné, Keyn'ilia repoussant chacune de mes charges à l'aide de la Force, Verizzôi finit par intervenir, tranchant mes montrals. J'ai mis des semaines à m'en remettre. Je pouvais désormais dire adieu à mes visions, à mes méditations. Il venait de briser ma vie.
Après avoir été sèchement mis hors d'état de nuire, la voix d'Oscinus s'infiltra dans mon esprit. Il me refusait son enseignement et me moquait pour mon attitude. J'avais perdu mes camarades, ma fierté, mes montrals et mes visions, et le Savoir. En une action, j'avais ruiné ma propre vie.

[Les phrases suivantes semblent avoir été écrites quelques jours après l’événement résumé.]

Ce jour là, je me demande si je n'aurais pas mieux fait de me trancher la trachée dans un coin de l'Académie. D'aucuns me diraient que ce n'est pas digne d'un Sith ; et c'est vrai. Désormais, je marcherais seule. Plus de camaraderie, plus de compassion. Ne restera de cet épisode que la colère et la rancœur. Et je m'en servirais, oh oui, je m'en servirais pour grandir et devenir plus puissante que Verizzôi et Keyn'ilia réunis.
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Datunda 1 Elona, 24 ATC

Depuis la perte d'une partie de mes montrals, je ne suis plus la même. Mes visions sont plus éparses, moins précises. Ce qui était net avant cet incident est maintenant flou. Ces visions faisaient ma force et maintenant... Elles sont ma faiblesse.
Je n'en veux pas à Verizzôi, même si voir sa tête au bout d'une corne de Terentatek me remplirai de satisfaction. J'en veux à moi-même pour avoir été si bête. Pourquoi ai-je écouté cet esprit ? Pourquoi ai-je succombé à ses tentations ? La soif de Pouvoir ? Non... De connaissance. Oui, la soif de Connaissance et de Savoir m'a poussé à sauter sur l'occasion. Belle erreur...
Mon erreur me hantera jusqu'à la fin de mes jours, mais vous savez quoi ? Perdre mes montrals et mes visions m'a permis de gagner autre-chose... La mutation de ma Haine, qui si jusqu'ici, elle était contenue, est maintenant libérée et ne demande qu'à s'abreuver.
Profitez, tous. On me moque pour préférer les Archives au terrain d'entraînement. Mais viendra le jour où mon Savoir causera votre perte.

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Katunda 14 Elona, 24 ATC

Depuis quelques jours, j'arrive à reprendre le contrôle sur mes sens et mes visions. Plusieurs heures par jour, je m'efforce de travailler ma concentration pour retrouver mes capacités telles qu'elles étaient avant l'incident, et je sens que mes efforts commencent à payer. Quand je ne suis pas en train de méditer, je fouille les Archives, et inversement. Je repense aussi à la visite du Seigneur Kazza'th.
Ils nous a parlé de la Quatorzième Flotte Impériale, pour laquelle il sert et de laquelle mon ancienne Maîtresse voulait se rapprocher. Pour une raison que j'ignore, il semble que je l'intéresse, et qu'il veuille me traîner dans son sillage. Cela étant dit, au vu de mes capacités cognitives, ça ne m'étonne qu'à moitié. Il n'a fait que relever les fréquences de nos holocoms, avant de quitter l'Académie et la planète, sans nous préciser quand il reviendrait.
Depuis sa visite, je continue mes entraînements. Mes journées sont devenues banales, elles se ressemblent toutes; je me lève, je passe à l'infirmerie, je médite, je mange, je médite, je vais aux Archives, je médite, je vais m'entraîner, je médite, je mange et je dors. C'est tout le temps pareil, mes mouvements sont mécaniques, machinaux. Le temps passé à l'Académie commence à être long et il me tarde de pouvoir enfin en partir...

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Datunda 16 Elona, 24 ATC

Alors ça y'est.

Je quitte enfin cette planète glaciale et désertique pour rejoindre l'infinie étendue de l'Espace... Je regretterai presque de laisser l'Académie derrière moi. Presque. Je pense que la seule chose qui me manquera lorsque je serais loin d'ici, ce sera la Surveillante Anksu. Cette femme est étrange... Si chétive et pourtant si féroce. Contrairement à la majorité des débiles qui traînent sur le parvis de l'Académie, la force de la Surveillante est son psyché plutôt que son physique. Je ne prétendrais pas la connaître par cœur mais ce que j'en ai vu me suffit. Elle sait quand punir, mais sait aussi récompenser, en témoigne mon sabre. Elle ne s'énervait jamais, mais ses mots étaient aussi tranchants que les crocs d'un Tuk'ata.
Et puis, je me rappelle de cette excursion dans les tombeaux, lorsqu'elle était possédée par l'esprit du Sith... «[...] elle a refusé de me livrer ses acolytes». Même si, pour des raisons évidentes, elle ne le montrait pas, je pense que la Surveillante nous appréciait, au moins un peu.
Et puis, sa façon d'être n'est que le prolongement de sa loyauté envers l'Empire. Elle nous apprend des valeurs qu'elle-même chérit. C'est une chose qui se ressent quand on est proche d'elle, et pas besoin de pouvoir mystique pour ça.
Je ne sais pas ce qu'elle m'inspire le plus ; de la crainte ? De la peur ? De l'admiration ? De l'affection, peut-être... Un mélange de tout ça, je crois. J'espère sincèrement que je la reverrais.

Mais le temps n'est pas aux regrets, mais aux progrès. Maintenant que je ne suis plus à l'Académie, je vais pouvoir commencer à me renforcer. Le Seigneur Quorr Kazza'th compte m'emmener intégrer la Quatorzième Flotte Impériale. J'ai hâte de pouvoir leur apporter mon aide, et apprendre d'eux. Si j'ai bien compris ce qu'il nous a expliqué, à Verizzôi et à moi-même, il y'a plusieurs Départements au sein de la Flotte. Il y'a donc de très fortes chances que l'un d'eux se concentre sur les arts mystiques Sith. Il faut que je l’intègre. Ce sera mon tremplin.
Je vais pouvoir gagner en puissance, en connaissance, en savoir, et devenir plus forte. J'ai hâte, oh, j'ai hâte. Il me tarde d'explorer les mystères obscurs de la Force.

C'est un petit pas pour moi... Mais un grand pas pour ma vengeance.