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Unknown
[Une représentation holographique de la jeune femme est jointe avec le journal, dans sa tenue d'Acolyte de troisième cycle.]
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Natunda 28 Kelona, 23 ATC


Je ne sais même pas pourquoi tout ça a pu arriver.
Je me rappelle de ce jour ; j'étais partie à la chasse au Gutkurr avec quelques autres chasseurs. Un vaisseau est descendu des étoiles et en un éclair, mes camarades étaients tués, et j'étais faite captive par des pillards qui m'ont vendue à cette femme au masque, pour quelques poignées de crédits. J'ai passé six ans à « travailler » pour elle, en nettoyant ses appartements à Kaas City et en amenant ça et là des caisses mystérieuses qu'elle échangeait avec d'autres personnes.
Mais un jour, un autre esclave, Twi'lek, m'a marché sur le pied. Ce jour là, j'ai laissé ma colère éclater en même temps que son crâne sur le sol d'acier. Six ou sept fois, je crois... Je pensais que ma Maîtresse allait m'exécuter, mais étrangement, elle s'est simplement approchée de moi pour passer une main sur mes lekkus. Moins d'une demie journée plus tard, j'étais dans une navette de transport en direction de l'Académie des Sith de Korriban. Elle m'a dit qu'elle avait sentie chez moi je ne sais quoi en rapport avec la Force et qu'elle allait me mettre au service de son Ordre.
Je crois que ce jour-là, j'aurais préféré qu'elle me tranche la nuque de ses sabres. J'aurais moins souffert.

Cela fait déjà presque une semaine que je suis ici, à naviguer entre le terrain d'entraînement poussiéreux, les salles obscures et lugubres de l'Académie, et les tombeaux de la planète. J'ai été accueillie par la Surveillante Anksu, qui m'a intégré à sa promotion avec d'autres Acolytes. Il y'a peu d'aliens. Une Mirialan et une Arkanienne, je crois. Avec un Sith, à la peau aussi rouge que le drapeau qui flotte dans les couloirs de l'Académie.
Les premiers jours, j'ai été tentée de me laisser mourir de faim, pour éviter de vivre cette vie. Mais mon instinct de chasseuse a repris le dessus le jour où nous sommes aller « visiter » le tombeau d'Ajunta Pall. Ce jour-là, j'ai ressenti dans le tombeau des présences et des forces qui m'ont fait me sentir si faible et si fragile... J'ai détesté ce sentiment. Alors je me suis reprise.
Désormais, je garde la tête haute et ma colère à mes côtés et puisque je suis bonne pour passer ici plusieurs années encore, autant que ces années soient à mon avantage. Le cours donné par le Seigneur au masque d'Or, Sicaryus Selethor, m'a bien fait comprendre comment les choses fonctionnent chez les Sith. Si tu es faible, tu meurs. Si tu es fort, tu vis. Alors je n'ai plus qu'à devenir forte.
Je passe du temps aux Archives, à chercher des informations sur l'Empire et les Sith, je m'entraîne à manier mon electrolame, je vais courir dans le froid glacial pour me renforcer. Bon sang, que c'est dur de courir, sur cette planète. J'avais pourtant l'habitude, dans mon village, nous devions savoir décamper rapidement quand un Gutkurr se rebiffait pendant une chasse. Mais ici... Le froid intense n'aide pas, et la gravité semble plus lourde. Mais qu'importe. Chaque jour, j'enfile mes poids, et je vais courir. Ça ne pourra que m'aider. Et le reste du temps, je médite.

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Natunda 35 Kelona, 23 ATC


La Surveillante Anksu nous a emmené en excursion, aujourd'hui. Le temps était maussade, une tempête approchant, et d'après ce que la Surveillante disait -je l'ai moi-même brièvement ressenti-, l'influence du Côté Obscur était particulièrement forte.
Nous avons quitté le parvis de l'académie sous les rafales de vent cinglantes, pour quitter la Vallée des Seigneurs Noirs. Après une bonne demie heure de marche, l'entrée d'une Caverne se dessinait devant nous. Aussitôt, une odeur répugnante de chairs en putréfaction nous prit les narines, et si je n'avais pas senti pire durant mes années de chasses, j'aurais été tentée de me boucher le nez. Keyn'ilia fut envoyée en première dans la pénombre, et la Surveillante m'autorisa à l'accompagner.
Une fois à l'intérieur, nous sommes tombés sur une grande salle au sol recouvert d'ossements en tout genres. Chaque pas que nous faisions provoquait des craquements lugubres. Un peu plus loin devant l'entrée de la salle, une empreinte enfonçait le sol; à trois doigts, avec des traces de griffes, j'arrivait rapidement à deviner que l'empreinte n'était pas récente, et comme elle était assez peu profonde, la bête devait être quadrupède.
J'avais décidé dès le départ de ne confier mes observations qu'à Keyn'ilia, mon binôme, et de laisser les autres acolytes se débrouiller par eux-mêmes. Nous repriment notre chemin. Dans la salle suivante, rien de particulier n'était visible, hormis un cadavre décomposé, et un pad cassé sur lequel n'était affiché qu'un seul mot : «courir». Ça n'annonçait rien de bon. Sur la gauche, une lourde porte fermait le chemin. En revanche, si l'on ne voyait rien, j'étais en mesure de sentir ce qui nous entourait, grâce à mes talents naturels que me conféraient mes montrals. Je devinais rapidement la présence de plusieurs bêtes dans la pièce d'à côté, des Shyracks. Essayant de ruser pour envoyer les autres acolytes à ma place, et éviter ainsi de me battre, il fallut néanmoins que j'y aille moi-même, les autres étant trop peureux pour avancer par eux-mêmes.
Aussitôt la porte ouverte, les Shyracks passaient l'ouverture en furie, et l'un d'eux s'accrocha à mes montrals en me lacérant le visage; foutue bestiole, comme si j'avais besoin de nouvelles cicatrices. Après un court affrontement, nous pûmes nous débarrasser des bêtes et continuer notre route.
Comme la créature que nous cherchions n'était toujours pas visible, et que la situation commençait à tendre mes nerfs, je décidais de m'isoler quelques instants pour m'asseoir en tailleur et méditer. En me concentrant sur les remous de la Force, une vision m'assaillit... J'y sentis plus que je ne la vis la créature. Elle semblait effrayer les autres bêtes présentes dans l'immense caverne, qui s'écartaient sur son passage; une autre présence se fit sentir. Celle d'un humain, armé d'une vibrolame et vêtu d'une tenue d'acolyte, visiblement. Il semblait terrifié. L'empreinte que j'avais trouvé dans la première salle me revint à l'esprit et elle se métamorphosa pour se transformer en une patte griffue couvertes d'écailles vertes. Un cri explosa à l'intérieur de ma tête et brisa ma concentration. Quand j'ouvris les yeux, Keyn'ilia était penchée vers moi, en me demandant si ça allait.
Je lui racontais rapidement ce que je venais de voir, pendant que les autres acolytes ouvraient une seconde porte pour vérifier qu'aucune bestiole ne viendrait nous sauter dessus. Puis, nous décidâmes de continuer notre route, jusqu'à ce que finalement, nous entendîmes quelque-chose.
Deux voix s'élevaient, à l'angle d'un couloir. La lueur d'un feu de camp peignait les murs d'un éclat mordoré. Visiblement, deux acolytes renégats discutaient de leur fuite de l'Académie, et l'un d'eux proposa d'attendre la fin de la tempête avant de fuir. Je méditais de nouveau, pour tenter de les apercevoir; quelle erreur ce fut. Alors que rien n'était visible, la créature surgit, sortant de sa Dissimulation de Force; un Hssiss. Il massacra les deux acolytes en un battement de cils et se précipita vers nous. Une seule solution s'offrait à nous, désormais. La fuite.
Nous avons alors pris nos jambes à nos cous en direction de la sortie, espérant échapper au Hssiss. Malheureusement, il courait bien plus vite que nous, et il nous rattrapa bien vite. Alors que la bête allait nous tomber dessus, Keyn'ilia projeta l'un des autres acolytes, un Tsis, à l'aide d'une Poussée de Force; il s'écrasa à l'autre bout de la pièce et attira l'attention du Hssiss, nous permettant alors de fuir. Nous refermâmes la première porte, puis la seconde, et enfin, nous pûment sortir de la Caverne. La Surveillante nous attendait à la sortie. Elle nous complimenta brièvement et nous retournâmes à l'Académie.
Si cette sortie a été éprouvante pour beaucoup, elle m'a fait un bien fou. J'ai pu retrouver l'instinct féroce de la chasse l'espace de quelques instants, et ça ne m'a que plus motivé pour la suite.

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Natunda 22 Welona, 23 ATC


La sortie d'hier n'était pas évidente. À peine étions-nous sortis de l'Académie que le mauvais temps et l'ambiance électrique nous mettait à l'épreuve ; les éclairs pilonnaient le sol de la planète, le froid était plus vif que d'accoutumée et le vent soufflait fort. Et le peu d'éloquence de la Surveillante Anksu ne m'aidait pas à me sentir rassurée.
Nous avons quitté l'Académie pour rejoindre une grotte dissimulée, alors que nous étions en route pour aller faire offrande du contenu de nos sacs pour célébrer le début de la saison des Tempêtes de Force. J'avais imaginé que nous irions dans un sanctuaire, ou quelque-chose comme ça, mais finalement non. Dès que nous avons mis le pied dans la grotte, j'ai senti que quelque-chose ne tournait pas rond. La présence du Côté Obscur était infiniment plus forte que ce que j'avais déjà pu ressentir sur Korriban, et les autres acolytes en étaient également conscients ; plusieurs d'entre-eux marmonnaient, ils étaient nerveux. Je l'étais aussi, mais je tâchais de le contenir en moi pour m'en servir au cas-où j'aurais besoin de toutes mes émotions.
La Surveillante Anksu nous a fait avancer jusqu'au centre de la première pièce, vers un pilier de pierre avant qu'elle ne se mette à grogner comme un animal. Ses yeux étaient devenus blancs ! Sa voix est devenue étrange et la Chose qui l'habitait désormais a parlé d'un pacte que la Surveillante aurait trahi. Apparemment, pour sortir de cette impasse, il fallait trouver des objets et verser du sang. Puis, elle s'est enfuit et nous a enfermés dans la grotte.
On a fini par découvrir un passage dérobé qui nous a mené tout droit dans une sorte de fosse, où les cadavres s'empilaient les uns sur les autres, bouffés ou mutilés par sabres. L'un des datapad nous a appris qu'il fallait faire un sacrifice et que le sang devait couler. Un Tsis a l'agonie nous apprit qu'il était visiblement nécessaire d'accomplir un rituel, relié au fameux sacrifice.
La pièce suivante était remplie de cages vides. Des marques d'ongles jalonnaient les fissures qui permettaient d'accéder aux cages, et j'aurais pu en apprendre plus tout de suite si l'abruti de Tsis n'avait pas libéré un Terentatek. J'ai alors escaladé, pour suivre les traces d'ongles mais ça n'a mené nul-part. Pendant que la bestiole était occupée à croquer les acolytes, j'ai réussi à échapper à sa vigilance pour sauter derrière elle depuis l'une des cages, et passer à la suite de cette maudite grotte. Keyn'ilia s'est faite attraper et s'est adressée à la créature en l'appelant « Excellence »... Elle a finit par nous hurler de tuer la créature, en prétextant que c'était notre ticket de sortie. Malheureusement, je n'ai réussie qu'à la blesser aux jambes avant de presque perdre mon bras, cette saleté me prenant pour un bout de viande. Avec l'aide de Verrizôi, nous finîmes par abattre la créature alchimique pour nous emparer de morceaux de son cadavre ainsi que du contenu de son ventre pour en tirer un calice.
Dans la pièce suivante, il y'avait un bassin de sang, habité par quelque-chose d'Obscur, d'insidieux. La Chose signala l'importance d'un pacte et de la composante d'une dague. Le venin de Terentatek coulait dans mes veines et j'avais de plus en plus de mal à rester concentrée. La voix qui m'occupait l'esprit me guida jusqu'à une petite salle, puis une autre, et encore. Tout ce que j'entendais ou voyait me torturait l'esprit, et je n'arrivais plus à distinguer ce qui m'entourait ; je ne voyais que la Force, et ces choses qui n'étaient pas vraiment là. Dans la dernière salle, il ne restait du groupe d'acolytes qui nous accompagnait en entrant qu'un seul individu, face à une entité étrange. Au milieu des hallucinations, j'essayais de la comprendre, de l'observer.
Verizzôi vida l'acolyte restant de son sang dans le calice, avant que l'entité mystérieuse ne pète les plombs et que les portes de la pièce ne se referment. Je me sentais de plus en plus mal, et je sentais le venin envahir mes veines jusqu'à manquer de me faire tomber dans les vapes. En me traînant jusqu'à la flaque, je bus du sang de l'acolyte, ce qui sembla calmer la Chose, cette dernière débutant alors son rituel.
Une fois le sang ingurgité, je tombais dans les vapes avant de me réveiller quelques minutes plus tard avec la sensation d'être changée sans pouvoir dire comment. Le trajet du retour fut compliqué, et je ne sais pas comment j'ai fais pour tenir avec le venin dans les veines ; si Keyn'ilia ne m'avait pas aidé, je ne m'en serais probablement pas sortie vivante.

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Atunda 23 Welona, 23 ATC


L'épreuve de ce soir était particulièrement éprouvante. Non pas physiquement, mais mentalement ; la Surveillante Anksu nous a mené sur le parvis avec Verizzôi et de nouveaux acolytes fraîchement arrivés et... nous a fait attendre. Toute la nuit. Dans le froid glacial de la planète, sous les éclairs et les manifestations de tempêtes de Force. Au début, c'était facile. Avec Verizzôi, nous étions habitués au climat dangereux de Korriban, à force d'entraînements et d'excursions. Mais plus les heures passaient, plus il devenait compliqué de tenir ; le mental devait prévenir sur le physique. Après trois heures à rester là, immobiles sous la surveillance de la Surveillante Anksu, l'un des acolytes a cédé et a tourné les talons pour aller se réfugier dans la chaleur de l'infirmerie. Nous, nous sommes restés plantés là, comme des rat-womp endormis, tandis que le froid pétrifiait nos extrêmités et que la Surveillante tentait de nous faire céder. Mais j'ai tenu bon ; j'étais frigorifiée et j'ai cru perdre mes doigts et mes orteils, mais j'ai tenu. Et heureusement, car c'était justement le but de cette épreuve, nous éprouver, nous forcer à repousser nos limites et à vaincre la douleur, l'impatience et l'envie d'abandonner pour renforcer notre volonté. Je hais la Surveillante, pour ça, autant que je l'admire.