FANDOM


Village by penemenn-d3deawp
Séparateur

C'était une belle journée d'été. Le temps était doux dans la cité blanche de Hurlevent, les oiseaux sifflaient allègrement et les gens étaient heureux, se promenant dans les ruelles pavées en discutant de tout et de rien. Rien ne semblait déranger la quiétude dans laquelle étaient enfermés les habitants. Sauf deux.

Dans une petite maisonnée, dans le quartier Nain, près de la forge, quelque-chose était sur le point de se produire. Deux personnes, adultes, discutaient à l'entrée de la bâtisse, assises sur un banc de bois à l'allure vieillie par le temps. L'une d'elle était un homme, vêtu de soie et de tissu noble, à l'air bienveillant. Il souriait, ses lèvres pâles étirant son visage fatigué, alors que les mèches blondes et tressées qui parcouraient son crâne retombaient parfois devant ses yeux de saphir. Il tenait la main de la femme assise à côté de lui, en caressant la peau dorée du plat de son pouce. Parlons-en justement, de la femme. Magnifique et jeune, elle avait tout pour plaire. De magnifiques yeux d'émeraude, un sourire à faire tomber raide le plus impassible des guerriers, un petit nez en trompette qui s'alliait à merveille avec son fin visage, vêtue d'une robe de soie pourpre. Les longues mèches d'onyx qu'elle arborait coulaient sur ses épaules et son dos en une cascade hurlante, alors qu'elle brisait parfois le silence d'un rire clair et cristallin, provoqué par les propos de son mari. La belle jeune femme tenait dans ses bras un petit garçon, âgé d'une ou deux années, qui regardaient ses géniteurs de ses grands yeux d'émeraude, les quelques mèches de cheveux châtain qu'il possédait déjà flottant au gré du vent. Il remuait parfois ses petits bras en riant, fixant l'homme de son regard enjoué. Rien ne semblait pouvoir perturber ce moment de bonheur partagé par les trois êtres. Rien sauf la silhouette encapuchonnée qui s'approchait vivement.

Le mari se releva en posant la main sur l'épaule de sa femme, observant la silhouette approcher. Il s'avança de quelques pas afin de lui bloquer la route, fronçant les sourcils en portant la main à la dague ceinte à son flanc.

« Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous deviez nous laisser tranquilles, nous avons payés nos dettes. » s'exclama-t-il.

« Vous avez payés vos dettes, c'est vrai. Mais avec du retard, je vous le rappelle. C'est pourquoi je demande une compensation. » lui rétorqua le sombre personnage.

« Et quelle est-elle ? »

« Lui. » répondit-il doucement en désignant l'enfant du menton.

L'homme aux tresses se retourna pour fixer la personne désignée, et fronça aussitôt les sourcils. Alors, il sortit sa lame du fourreau, la pointant vers la silhouette.

« Allez vous faire voir. Vous n'aurez pas mon fils. »

« Il ne semble pas avoir posé une question. Vous allez me donner cet enfant. Je repasse dans deux jours, et vous avez intérêt à être un peu plus coopératif, sieur Pensley. »

La silhouette tourna les talons pour s'éloigner d'un pas vif, son long manteau décrivant un arc qui gifla la joue du dénommé Pensley. Il se tourna aussitôt vers sa femme et son fils, et s'approchant, les entraîna à l'intérieur de la bâtisse en refermant les portes derrière-lui.

« Rassemble tes affaires, nous partons. »

« Que se passe-t-il, Henrich ? » demanda la jeune femme, paniquée par l'attitude de son amant.

« NE POSE PAS DE QUESTIONS. NOUS PARTONS, FAIS TES AFFAIRES. »

La jeune femme ne se le fit pas dire deux fois et portant toujours son fils dans ses bras, se dirigea vers l'étage afin de rassembler le strict minimum et se préparer au départ imminent. Une fois fait, elle redescendit en hâte, son mari l'attendant déjà à la porte. L'intérieur de la bâtisse avait été mis en désordre, les meubles renversés, les habits étalés sur le sol, les livres mis en pagaille.

Alors, elle suivit Henrich sans un mot, et les deux amants se dirigèrent vers la place de la Cathédrale. Après une rapide discussion avec la directrice de l'Orphelinat, Aria, ils prirent le chemin du port et nul ne sut jamais où ils étaient partis.

Le petit Argus, désormais abandonné, regardait la directrice sans comprendre ce qu'il se passait.

« Ne t'en fais pas, cher enfant. Je vais m'occuper de toi.. » déclama la directrice, même si l'enfant ne comprenait pas.

Elle le borda un moment en remplissant quelques papiers, puis se dirigea vers l'étage, déposant le jeune Argus près d'une autre orpheline, aux grands yeux bleus et aux cheveux d'onyx, à peine plus jeune que le garçon. Elle sourit, s'accroupissant un instant et murmura quelques mots avant de redescendre, laissant les enfants s'observer.

« Je suis sûr que vous allez bien vous entendre. »


- / Chapitre suivant

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau FANDOM

Wiki au hasard