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C'était un jour comme un autre, avec un contrat comme un autre. Éliminer un groupe de personnes dirigées par un garde véreux. Rien de complexe, n'est-ce pas ? Et pourtant. Ikit avait pris le temps de se préparer. Il avait rapiécé son armure de cuir et retapé son jaseran avant d'aiguiser les nombreuses lames que comportait son arsenal. Il avait ceint chaque pièce d'armure avec une grande attention, vérifiant toujours que les sangles ne gêneraient pas ses mouvements lors des affrontements.
Puis, il avait équipé ses lames. Trois lames de jet sur chaque flanc, les poignées dirigées vers l'adversaire, pour une meilleure empoignade. Sur chaque cuisse, un fourreau de cuir contenant une lame en acier. À gauche et à droite de la ceinture, d'autres fourreaux, contenant également leurs armes d'acier. Et enfin, dans le dos, le Mercenaire avait ceint un fourreau de cuir noir, orné de plusieurs broderies d'argent. La garde de l'arme rangée dans le susdit fourreau dépassait de l'épaule droite, afin d'en faciliter la sortie. Un pommeau taillé dans l'ivoire, représentant un crâne qui semblait rire de façon sinistre. Une arme de mort. Kanï, Faucheuse d'âmes. Une fois prêt, il enfila son masque de cuir sur la partie inférieure de son visage et se mit en route.

Après plusieurs heures de marche, il finit par arriver non-loin du campement qu'occupait le groupe qu'on l'avait chargé d'éliminer. Il les compta de ses prunelles d'améthyste, si particulières, et remarqua l'absence de l'un des hommes. Il fronça une seconde les sourcils, puis haussa une épaule, avant de croiser les bras sur ses flancs, pour dégager deux lames de jet de leurs fourreaux. Il s'approcha de quelques pas, sans le moindre bruit, et lança les tranchantes d'acier en direction du groupe. Alors que deux hommes s'écroulaient, touchés à la nuque, Ikit volait déjà au travers du campement, ses deux lames de combat sorties de leurs abris de cuir, tranchant chairs et muscles dans les corps des hommes qui passaient trop près. Les cibles marquées par le Mercenaire étaient désordonnées, prises par surprise ! Parfois, l'un d'eux parvenait à attraper sa lame, mais hurlait la seconde d'après, son poignet tranché. Le Traqueur souriait sous son masque, échappant parfois un rire sec, dément, semblant adorer la vue du sang. Il finit par terminer son odieux travail, et essuyant l'acier de ses lames sur les vêtements des cadavres, il observa le résultat de l'affrontement.

Tous étaient morts. Alors, lentement, il s'approcha des cadavres, Kanï prise en main et trancha la nuque de chacun des hommes, laissant l'arme démoniaque se repaître des âmes des victimes. Chaque âme aspirée semblait faire reluire le sombre acier de l'arme d'un halo violacé. Sa besogne accomplie, il remit sa lame au fourreau dans un frisson de satisfaction, et leva la tête pour regarder autour de lui. Son attention s'arrêta sur un groupe de personnes approchant du campement au pas de course. Il fronça les sourcils et plissa les paupières pour tenter d’apercevoir les visages, et remarqua le Garde véreux qui aurait dû diriger les hommes du campement.

« Je me disais bien qu'il manquait quelqu'un ! » s'exclama le Mercenaire. « Foutu chien ! »

Ikit leva alors sa lame, et sans sourciller, se précipita à la rencontre du groupe, la pointe de son arme laissant un sillon dans le sol sur lequel elle traînait. Le choc fut brutal, alors que le traqueur bondissait pour retomber sur l'un des gardes soudoyés par le véreux, lui tranchant la nuque dans un nouveau halo violacé, signe d'une autre âme envolée. Il roula sur le sol et trancha les rotules d'un autre des gardes, puis transperça l'aine d'un autre de ses assaillants. Puis il se redressa dans un grondement, balayant les alentours de sa lame en constatant qu'il était encerclé.

« Tu ne pensais pas que tu y arriverais si facilement, quand même ? » déclama alors le véreux.

« Je pensais surtout que tu amènerais plus d'hommes avec toi, lâche que tu es. » lui rétorqua Ikit.

« Lâche ? Allons, le Mercenaire, tu te trompes sur ma personne. Je ne suis pas un lâche. »

« Prouve-le. »

« Et comment ? »

« Un duel avec moi. Si je perd, tu pourras emmener mon corps à la Garnison, où il te donneront une jolie récompense. »

« Et si je perd, moi ? »

« Si tu perds, alors tu regarderas tes hommes se faire tuer un par un à cause de ta bêtise. Tu les regarderas te supplier du regard, alors que le sang coulera de leurs gorges. Tu les écouteras agoniser sur le sol, qui sera baigné de leurs tripes. Puis, tu mourras à ton tour. » répondit le Mercenaire, d'un ton glacial, impassible.

Le véreux déglutit lentement, déstabilisé par le Traqueur. Comment pouvait-il être aussi sûr de lui ? Comment comptait-il vaincre les hommes ? L'assurance de son interlocuteur le perturba assez pour que celui-ci puisse s'élancer. Il frappa le véreux à la tempe du pommeau de son arme, et enchaîna d'une gauche percutante en pleine mâchoire. L'homme s'écroula ,sonné, remuant faiblement sur le sol. Et alors qu'il revenait à lui, goûtant le sang qui stagnait dans sa bouche, il regarda autour de lui, et ce qu'il vit le terrifia.

Devant ses yeux horrifiés, les hommes qui l'accompagnaient un peu plus tôt étaient tous morts, pendus par les pieds sur les arbres de la forêt. Leurs corps sans vie se balançaient faiblement au gré du vent, le sang qui coulait des nuques s'écrasait sur le sol feuillu à grosses gouttes, ternissant l'orangé du tapis de verdure d'un vermillon gluant. Le Mercenaire était assis sur le dernier des cadavres, resté au sol, et jonglait avec l'une de ses lames de jet de manière nonchalante. Il fixait sa future victime de ses prunelles d'améthyste, qui luisaient dans la pénombre environnante. Sous son masque de cuir, l'on devinait un sourire à la plissure de ses yeux.

« Qui-... Qui est-tu ? » s'exclama le garde ! « Comment as-tu vaincu ces hommes ?! »

« Tu vois, le garde. Ton erreur a été de penser que je ne pouvais rien contre toi et tes petits soldats. Dès cet instant, tu avais déjà perdu, et tes gardes étaient déjà morts. »

« Ce n'est pas possible-... »

Le véreux remarqua alors l'insigne brodé sur le masque de cuir du Mercenaire. Un "K", enclavé dans un cercle, et orné de deux petits ronds de broderie d'argent. Il ouvrit grand les yeux, et balbutia.

« Non-... Non, non, tu es mort ! Nous t'avons tués l'an dernier, avec ta salope de mère ! »

Ikit ricana, et arrêta sa dague du plat de ses doigts sur le tranchant, pour ensuite l'empoigner, et hausser son regard vers le véreux.

« Deux pauvres innocents, qui n'avaient rien demandé à personne et se sont retrouvés au mauvais endroit, au mauvais moment. La vie est tragique. Tu sais, j'ai toujours adoré entre le bruit du sang qui s'écoule d'une nuque tranchée. C'est une véritable musique. »

Il se redressa alors et s'approcha du garde, rangeant sa dague avant de dégainer Kanï. Le véreux tentait de reculer, rampant sur le sol. Il percuta quelque-chose et tourna la tête, pour s'apercevoir avec horreur qu'il venait de se cogner contre un tas de crânes, aux casques ensanglantés. Les têtes de ses hommes, tranchées, et empilées. Tout les regards des morts semblaient dirigés vers le véreux, alors que ce dernier reportait son attention sur le Mercenaire.

« Quelle abomination es-tu ?! »

« Abomination ? Allons-... Je ne suis qu'un simple mercenaire, petit Garde. Ne sois pas triste. Tu payes pour ton méfait, on ne touche pas ma mère impunément. Mais rassure-toi, j'irais rendre visite à ta femme. » déclama Ikit en éclatant d'un rire dément.

Il leva haut Kanï et l'abattit sur le garde, qui poussa un hurlement. Sa tête tranchée roula jusqu'aux pieds du Mercenaire, qui s'abaissa pour la ramasser, et la poser au sommet du tas fait avec les autres crânes. Il rangea sa lame au fourreau, et vint à attraper une corde de chanvre, pour la nouer autour des jambes du véreux, et le hisser avec ses camarades sur les branches des arbres. Puis, il ramassa les têtes une par une, les enclavant dans un large sac de tissu, et reprit le chemin par lequel il était venu.
Ikit lança un dernier regard en arrière, fixant de son regard améthyste luisant le corps du véreux qui se balançait doucement.

« Et de deux. »

Il ricana, et s'enfonça dans les ténèbres de la nuit, allant récupérer sa récompense pour le contrat rempli. Le deuxième nom de sa liste était barré.


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