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Durant sa dix-neuvième année, Ikit se décida à s'engager dans les forces armées envoyées par la Capitale, qui luttaient ardemment contre les Rochenoires présents au nord-est, protégé par leur bastion. Des semaines durant, il batailla pour atteindre une forme respectable, et signa les papiers qui lui permettraient de défendre sa terre. Désormais équipé, et encadré, il avait ce dont il avait besoin pour amasser de l'expérience, et mettre à bien son projet.

De longs mois durant, il suivit fidèlement les ordres de ses supérieurs, bien qu'il lui en coûta d'obéir aveuglement à quelqu'un. Les assauts répétés contre le bastion Orc avaient eu raison de nombres d'entre-eux, mais les pertes s'égalisaient avec de nombreuses victimes dans le camp des Carminois. Ce fut un matin du troisième jour de la semaine que le perturbateur convainquit le jeune soldat fougueux de déserter.
Un assaut avait été prévu quelques heures après le levé du soleil, afin d'exploiter une faille dans les murailles du bastion, et pouvoir enfin espérer obtenir victoire sur les Orcs en factions dans les terres de Hurlevent. Ikit, accompagné de son compagnon d'armes Krank MacJones, fut le premier à se lancer contre les défenses organisées des créatures noirâtres, en première ligne avec plusieurs de ses camarades. Trois d'entre eux tombèrent comme des mouches sous les flèches décochées, et deux encore s'écroulèrent, abattus par des haches ou couteaux de jet. Ikit, Krank et un autre fier soldat parvinrent à passer les défenses ennemies, et à s'infiltrer par la brèche découverte.
Pendant ce qui leur sembla une éternité, les trois compagnons bataillèrent pour se frayer un passage jusqu'au donjon, ne laissant que carcasses et mares de sang dans leur sillage. Avec le temps, ils avaient développés de redoutables capacités de combat rapproché, et leurs efforts payaient enfin. Ils progressaient ! Dans la masse et la confusion des combats, une flèche parvint à se frayer un chemin jusqu'au troisième compagnon -dont tout le monde oublia le nom-, lui arrachant l'orbite pour l'envoyer mourir au milieu des cadavres des Orcs tombés sous sa lame. Son pavois glissant lors de sa chute, il fut récupéré par Ikit, qui poussant un hurlement de colère, se rua au centre de la mêlée, suivi de près par Krank, traçant son chemin à coups de pavois et mouvements de lame, jusqu'à atteindre l'entrée du donjon et s'y infiltrer.

Le silence était maître de ces lieux et les échos des combats du dehors furent bientôt étouffés par l'épaisseur des murs, les deux survivants s'aventurant toujours plus loin dans les profondeurs de la bâtisse fortifiée. Plusieurs fois, ils passèrent devant des geôles, occupés par les captifs des Rochenoires. Gnolls, soldats morts ou proches de l'être, ils y trouvèrent même une Thalassienne, qui semblait avoir appris le sens du mot «Souillure». Ils n'y prêtèrent qu'une attention rapide, déboulant dans l'une des salles principales.
Malgré le poids de leurs armures, ils parvinrent à se glisser subrepticement derrière les deux créatures placées en veille dans la salle, les égorgeant d'un vif aller-retour en laissant leurs carcasses choir mollement sur les dalles. Puis, aussi silencieusement que possible, ils gravirent les marches qui menaient à l'étage, sans rencontrer plus de résistance que les gonds d'une vieille porte, qui finit par céder sous l'épaule de Krank. Ce dernier, paré de son pavois et de sa latte de fer, ouvrait la route, Ikit veillant ses arrières.
Les deux comparses terminèrent leur ascension en parvenant jusqu'à la salle principale du bastion, dans laquelle trônait un large siège de pierre, occupé par un Orc dont la couleur de peau se confondait avec la roche. Les prunelles de braises, les crocs reluisant et une large hache posée en travers de ses genoux, il semblait attendre quelque-chose. Ou quelqu'un ? Ikit s'avança sans réfléchir, rageur, prêt à en finir, mais le malheureux n'eut jamais le temps d'atteindre l'Orc. Il ressentit une violente douleur à l'arrière du crâne, s'écroulant au sol dans un râle alors que devant ses yeux brouillés de confusion, il aperçut Krank s'avançant vers l'Orc pour lui offrir une poignée guerrière.
C'en était trop. Surpassant la douleur qui le terrassait encore quelques secondes auparavant, le jeune Khalad se redressa, et attrapant sa latte, l'envoya siffler vers son ancien compagnon, le décapitant sur le coup. L'Orc, voyant le corps de son potentiel allié s'écrouler, tenta aussitôt de se saisir de sa hache pour en finir avec le soldat. Malheureusement pour lui, il ne fut pas assez vif et un morceau de roche taillé cisailla sa jugulaire, le laissant s'étouffer dans son propre sang.

Encore confus, Khalad s'empara de la hache de son adversaire désormais vaincu et tituba jusque la sortie. Sans que l'on ne sache vraiment comment, il parvient à se frayer un passage dans la mêlée qui régnait toujours au-dehors, et se glissant par la brèche, alla se perdre dans la nature.

Quelques jours plus tard, alors que personne n'avait de nouvelles de lui, Khalad refit surface. Déambulant dans le Comté, la hache de l'Orc traînant dans son sillage, il avait l'air blâfard et les yeux rougis, manquant vraisemblablement de sommeil. Personne ne se décidant à l'approcher, il put se traîner jusque la demeure familiale, défonçant la porte d'un coup de talon contrastant avec son état déplorable apparent. Là, il trouva sa mère couchée sur le sol, les habits déchirés, les larmes aux joues et les cuisses encore ouvertes, à peine cachées par les lambeaux de ce qui fut autrefois une robe. Le père Khalad, encore occupé à remonter ses affaires après sa besogne, se retourna brusquement suite à l'arrivée fracassante de son fils.
Il jeta un regard horrifié à l'arme qui trônait dans sa main, et ouvrit les lèvres pour prononcer une incantation, qui mourut dans sa gorge lorsque la large hache lui enfonça le thorax d'un coup puissant. Il vola littéralement à travers la pièce, renversant meubles et provisions, pour aller s'écraser contre le mur du fond. Le jeune Khalad traîna la patte jusque lui et après un sourire, leva sa hache pour l'achever, lui fendant le crâne en deux.

Une fois sa vengeance accomplie, et la première victime de sa liste tuée, il laissa son arme retomber sur le sol, et se tourna vers sa mère. Celle-ci peina à se redresser avec l'aide de son fils, et soutenue par le jeune meurtrier, quitta les lieux. Personne ne revit jamais la mère du jeune Khalad, et jamais on ne put prouver que c'était bien lui qui avait tué le Père, les quelques rares témoins trop craintifs de ce qui pourrait leur arriver s'ils prononçaient quoi que ce soit en rapport avec cette sombre histoire.

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